CMM – Vœux de la direction

Chères familles, Chers administrateurs, Chers responsables, Chers travailleurs, Chers bénéficiaires,

Laissez-moi tout d’abord vous souhaiter une merveilleuse année 2020. Mon vœu le plus cher, pour mes proches et pour vous-mêmes, est simple, mais indispensable pour profiter de tout le reste… une bonne santé.

Plusieurs éléments m’amènent également à m’adresser à vous directement en ce jour. Mais ils ont tous un lien entre eux… Mon souhait est de faire, avec vous, le point sur le fonctionnement suite au changement de direction survenu l’an dernier.

Deux grands défis se sont d’abord imposés à moi et ont orienté fortement les décisions à prendre dans la gestion globale de l’ASBL. Tout d’abord, le nouveau décret AViQ, notre pouvoir subsidiant, qui nous a imposé une série de changements depuis le 1er janvier 2019. Ceux qui nous intéressent au plus haut point sont directement en lien avec l’accompagnement de qualité et le bien-être que nous souhaitons pour l’ensemble de nos bénéficiaires. Le décret prévoit la rédaction d’un tout nouveau projet de service unique pour l’ensemble de nos services, complété par un contrat d’objectifs. Et donc, tout en tentant de maintenir les identités spécifiques de chacune de nos 6 unités, nous avons saisi cette opportunité et œuvrons à la co-construction d’un projet fort, cohérent et constitutif d’une identité commune et solidaire.

Ensuite, la fin de la loi sur les ASBL et donc l’entrée de celles-ci dans le code des sociétés amènera également à un changement de paradigme important. Nous devenons une entreprise comme une autre, mais avec une mission tout à fait spécifique. D’ailleurs, la redéfinition de nos statuts, tout comme le contrat d’objectifs, doivent spécifier au mieux notre mission, nos valeurs, nos priorités stratégiques et les moyens que nous allons mettre en place pour y arriver.

C’est un énorme chantier, mais un défi passionnant…

Le contexte étant posé, plusieurs changements ont été opérés, allant tous dans le sens d’une qualité de travail accrue, d’offrir des espaces de réflexion et de construction de sens et de responsabiliser les travailleurs quels et où qu’ils soient.

Par exemple, nous avons créé une coordination des assistantes sociales, dont le poste est occupé à mi-temps par Angélique D., qui permet aux assistantes sociales de se retrouver, de se renforcer, de mieux se former, de mieux partager leurs expériences, de permettre aux bénéficiaires de mieux accéder à leurs droits, de créer et d’utiliser des outils communs et adéquats et, enfin, de mieux activer le travail transversal et en partenariat. L’idée étant de valoriser les compétences des différentes fonctions présentes dans l’ASBL, de leur offrir un maximum d’autonomie, dans le respect du projet pédagogique et du règlement de travail, ainsi que des espaces de renforcement et de réflexion.

Ce changement a été identifié dans l’organigramme… et ça ne sera pas le seul à l’avenir.

De manière globale, nous avons aussi multiplié les lieux de co-construction et de décision.

  • Le bureau du Conseil d’Administration se réunit une fois tous les 2 mois. Il est composé d’une délégation de 3 membres du Conseil d’Administration et du comité de direction. Il fait le point sur la gestion journalière menée par la direction générale et prend des décisions qui sortent du cadre du mandat de cette même direction, avec l’aval de l’ensemble du CA ;
  • Le comité de direction se réunit une fois par mois. Il fait le point sur l’ensemble des réflexions menées dans le cadre institutionnel et entérine les décisions de manière collégiale ;
  • Le comité de pilotage, composé des 3 membres de la direction, de l’ensemble des responsables des services et de la coordinatrice des assistantes sociales se réunit pour penser et co-construire le nouveau projet de service commun et le contrat d’objectifs qui y est rattaché ;
  • Les réunions de responsables voient se réunir le comité de direction et les responsables des services sur des aspects plus fonctionnels et organisationnels concernant l’ensemble de l’ASBL ;
  • Dans les équipes, certaines d’entre elles commencent à séparer leurs réunions en 2 temps :
  1. Ÿune réunion pédagogique, une fois par mois, qui permet, entre autres de  construire et d’évaluer les projets individualisés des résidents. Mais aussi de faire le lien entre le projet pédagogique et le travail qui en découle ;
  2. Ÿune réunion plus organisationnelle (1x/sem ou tous les 15 jours) qui permet de gérer au plus près tous les aspects du quotidien ;
  •  Les assistantes sociales ont une coordination entre elles 1x/mois

En 2020, un comité éthique interne et inter-institutions verra le jour. Nos cadres de travail sont tout à fait particuliers et ne nous permettent pas toujours de prendre des décisions qui se résument par « oui » ou « non ». Pour nuancer au mieux notre accompagnement pédagogique et offrir une qualité de service qui réponde effectivement aux réels besoins de nos bénéficiaires, réfléchir sur nos pratiques et les confronter, un partage intra-muros et avec l’extérieur me semble indispensable.

Dans le cadre de la vie affective, relationnelle et sexuelle de nos bénéficiaires par exemple, nous nous rendons compte à quel point nous sommes parfois démunis face à la réalité de certaines situations ou aux tensions que cela peut créer dans certaines familles, voire certaines équipes. Nous nous sommes donc alloué les services du centre de ressources des plannings familiaux qui, grâce à leur expertise, va nous accompagner pendant 2 ans à la construction d’une charte propre à notre ASBL. Par ailleurs, nous proposerons une série de formations à l’ensemble des bénéficiaires et des travailleurs, ainsi qu’aux familles qui le souhaitent.

Beaucoup de changements ont eu lieu également dans les services.

Le plus impacté étant le service de nuit « La Chevalerie », nous commencerons par lui. Après de longs mois de difficultés, de diagnostic, de discussions, de réunions, de supervision, de travail de terrain, plusieurs éducateurs nous ont quittés et nous avons dû nous séparer du service infirmier extérieur. Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir, dans cette équipe, Fanny D., assistante sociale, Sofia I., Maureen M., Anaïs T. et Jean-Louis J., éducateurs mais également Sindy D., infirmière et Sophie V., aide-soignante. Avec le reste de l’équipe éducative et ouvrière toujours en place, Jean-Yves C., chef éducateur depuis tout juste un an, et le soutien de tout le comité de direction, ils tentent de redonner un souffle nouveau à ce service en proposant un accompagnement bienveillant, des activités adaptées, une prise en charge globale qui tiennent compte de tous les aspects de la vie de la personne : famille, santé, demandes, loisirs, besoins, apprentissages, limites et ressources.

Dans le courant du premier trimestre de cette année, des travaux d’aménagement du rez-de-chaussée auront lieu pour permettre une meilleure cohabitation entre travailleurs et bénéficiaires, et ce afin de mieux respecter le lieu de vie des résidents, tout en offrant un espace de travail adéquat aux nombreux travailleurs de la Chevalerie.

Malheureusement, le moratoire sur les places en hébergement étant toujours d’actualité, nous ne pouvons augmenter les places d’accueil de ce service qui est pourtant fortement sollicité.

Autre grand projet en cours : les travaux d’agrandissement du centre de jour « Le Gaty ». En collaboration avec l’architecte M. Boreux, l’équipe, Damien Borlon et moi-même avons imaginé le projet le plus possible en adéquation avec les besoins du Gaty et de ses bénéficiaires. Les travaux devraient débuter cette année et le nouveau bâtiment accueillera, entre autres, une supérette, un atelier bois et 3 nouveaux ateliers polyvalents.

En 2019, le Gaty a eu la chance de voir arriver Joséphine D., assistante sociale et Romain H., ouvrier polyvalent. Le service a également entériné sa collaboration avec « la brasserie du Condroz », petite coopérative cinacienne dans laquelle l’ASBL a d’ailleurs investi. Les bénéficiaires du Gaty s’occupent de l’étiquetage des bières estampillées « le Gaty » et confectionnent des bacs en bois de récupération fabrication « maison » pour y disposer les bières et faire office de cadeau original et éco-responsable.

Bien que le centre de jour « Le Tournevent » ait connu beaucoup de mouvement de personnel dans son équipe, ses ambitions artistiques n’ont jamais tari. Avec l’arrivée de François D. et de Véronique B., éducateurs et de Géraldine V., logopède, de nouvelles prises en charge et de nouveaux projets ont vu le jour. Notamment, une superbe pièce de théâtre intitulée « Débranche ! » qui a été présentée en fermeture de l’exposition Kaléidoscope et qui a tourné depuis, notamment dans le cadre du festival « Thé-Autres ».

Le Tournevent a vu partir vers de nouveaux horizons professionnels leur assistante sociale, Angélique D., avec beaucoup d’émotions mais a réservé un accueil chaleureux à Adeline A. qui est ravie d’entrer en fonction dès ce mois.

Je ne peux pas parler du centre de jour « La Roseraie », sans parler du grand évènement qui a eu lieu en septembre 2019 : l’exposition « Kaléidoscope ». Cette exposition, à l’initiative de la Roseraie, pour mettre en avant le talent d’un de leur artiste, Jean-Pierre, s’est rapidement transformée en projet collectif rassemblant les artistes de 3 de nos centres de jour: Le Tournevent, Le Pouly et la Roseraie elle-même. Cette dernière a mis à disposition ses bâtiments pour accueillir une exposition et des ateliers interactifs durant toute une semaine. Les équipes, soutenues par leur responsable respectif, ont, pendant presque un an, imaginé, conçu, organisé et porté le projet de bout en bout. Bien que le respect et la bienveillance entre équipes soient réels au sein de l’ASBL, une telle collaboration n’était pas encore quelque chose qui allait de soi. Se dégager du temps pour s’investir dans un projet collectif tout en préservant la qualité du service rendu au quotidien, être bousculé dans ses repères et s’interroger sur ses habitudes, travailler en transversalité et créer un esprit d’équipe au sens beaucoup plus large, voilà qui va bien dans le sens de ce que je souhaite impulser au niveau de l’ASBL. Qui plus est, parce que cette collaboration a été vécue par les différents protagonistes comme une valeur ajoutée, un vecteur de (re)motivation et de (re)mobilisation et a suscité un éveil, une forme d’intérêt nouveau face aux réalités de l’autre. A savoir que cette exposition va être itinérante et intégrer les 3 autres services de l’ASBL. Elle sera accueillie, notamment, dans différents centres culturels dans l’année qui vient… L’aventure continue.

A signaler aussi qu’Isabelle P., assistante sociale à La Roseraie depuis de nombreuses années, profite d’une retraite bien méritée depuis juillet de l’année dernière. Elle est remplacée à la Roseraie par Joséphine D. qui travaille également au Gaty.

Le petit magasin du centre de jour « Le Pouly » est devenu une institution à part entière… Les commandes, les courses, les livraisons, menées d’une main de maître par une équipe éducateurs-bénéficiaires dynamiques et serviables. Les fleurs, le travail du bois, les randonnées, la cuisine et la convivialité du groupe font partie de l’ADN de ce service qui n’a de cesse de se réinventer. Le Pouly a également eu la chance de retrouver Adeline A., assistante sociale, après un congé de maternité.

Le temps fort du SLS « le Ponceau » a certainement été « la fête du réseau » du 18 octobre 2019. L’équipe ambitionnait depuis longtemps de réunir toutes les personnes chères aux bénéficiaires et au service en lui-même, pour re-créer du lien et mettre en lumière leur rôle primordial dans l’accompagnement des bénéficiaires du SLS vers plus d’autonomie.

L’équipe a également eu le plaisir de voir arriver Alan M., précédemment éducateur au Tournevent. La solidarité et la bienveillance du service sont restées intactes et le SLS continue à œuvrer à de nombreux projets innovants… pourquoi pas une nouvelle maison communautaire pour 2020 ?

Voilà… Il me semble avoir fait le tour des gros « chantiers » en cours.

En espérant que 2020 soit plus reposante, mais tout aussi riche en projets.

Je vous prie de recevoir chères familles, chers administrateurs, chers responsables, chers travailleurs, chers bénéficiaires, l’expression de mes sentiments les meilleurs pour cette année nouvelle.

SAMUELE Carène, directrice générale